









Le Brésil est 16 fois plus grand que la France et il est situé dans l'Amérique du Sud. Nous atterrissons à Brasilia Témosa qui est une bourgade de Recife.....Nous en parlerons en page Recife car en fait nous arrivons en plein début Carnaval et rien ne marquera autant que ce phénomène annuel nationnal brésilien.
Mon premier jour au Brésil,
Récife est la capitale du Pernambouc, il parait qu'à notre arrivée (février 1985) ont été recensés 1 200 000 habitants ..(voir RECIFE)
Et, à voir toute la foule qui s'agite sur la place centrale de San Pedro on pourrait croire qu'ils se sont tous donné rendez-vous là.
Depuis que nous sommes en Terre Brésilienne tout nous semble sortir d'une autre planète. La dominante couleur est franchement noire, l'accent franchement musical, et les odeurs franchement nauséabondes... Les fruits de Jacara mélès à ceux de la canne à sucre pourrissant dans les caniveaux y sont pour beaucoup...
Heureusement nous sommes chaperonnés par Rochas venu faire Carnaval avec nous , qui nous donne de précieux conseils . Notre premier achat: des "sapatto" sandales spéciales pour faire la fête avec les orteils en éventail... Ils pensent à tout ces brésiliens! Partout dans les rues ou sur les trottoirs ça crie, ça danse, ça appelle, ça démontre ; ça fait déjà carnaval avec tous les objets qu'on y vend exprès pour l'occasion....Sans oublier les statuettes ou autres amulettes pour les cultes divers.. Ainsi on voit exposés aussi bien des diables rouges que des madones bleues. Des bougies de toutes les couleurs façonnées pour les condomblés et des figurines de cire rivalisent d'originalité avec d'autres bibelots cabalistiques inquiétants. Un peu plus loin on rencontre l'étal des guérisseurs. Tout un fatras de branches, de feuilles d'herbes aux odeurs plus ou moins étranges mais aux pouvoirs réputés infaillibles contre tous les maux de la terre. Ouiai ! à condition de savoir de quoi on souffre et quoi acheter !
Je musarde, je flane un peu trop... Rochas et le cap sont souvent obligés de venir me rechercher, je veux tout voir.. Je suis fascinée par les choses que j'aperçois. Il faut faire attention où on met les pieds. Souvent, une forme informe traîne sur le passage... Des êtres sans os dans un coin comme un vêtement abandonné c'est un mendiant, un petit plot de 40 cm de haut sans bras ni jambe c'est un mendiant,... et en plus il fume sa cigarette qu'une âme charitable lui a mis dans sa bouche. Une femme très belle mais avec son pied sous le menton c'est aussi une mendiante... Que de gens étranges qui sont nés handicapés et qu'on s'expose comme au cirque Pinder. Il faut dire que c'est leur seul moyen de mal exister.
Plus loin une énorme bayanaise capte mon attention. Un amas de blanc tout autour d'une rondeur charbon noir qui prépare une cuisine odorante.. Des acarajes de "camarao" (baignets de crevettes d'eau douce) me dit Rochas en nous en achetant une poignée pour nous faire goûter. Nous nous arrêtons ensuite pour déguster une "batida" célèbre punch au rhum.... Et puis il y a le troueur de noix de coco... et le broyeur de canne à sucre... Et un air de samba martelé avec le couvercle de sa boite à café voici le gentil vendeur de ... Oui justement... "cafézinhno qui veut des cafézinho"
Et c'est reparti dans un bain de foule incroyable, on court dans un sens, on recourt dans l'autre, j'étouffe mais je suis heureuse, Pictoris va bien il est en sécurité devant le Iateclub do Récife et nous allons commencer la samba...





Venez faire Carnaval avec nous à Olinda
Vouloir comprendre le Brésil sans admettre son Carnaval c'est tout simplement nier l'âme même des brésiliens...
Le vendredi à 4 h du matin résonnent les tambours de la madrugade... C'est parti le carnaval commence pour 4 jours. Le son de la batteria est si extraordinaire qu'on dirait un énorme poumon qui bat dans la poitrine de l'univers.. Une sorte d'appel mystérieux s'empare alors de tout notre être et en une seconde on devient carnavalesquement invité.
Le jour le plus important c'est le défilé du dimanche. Nous sommes conviés chez le sergent Peirera le chef d'orchestre de notre sauvetage et qui l'est aussi d'une école de Samba... Nous répétons... enfin eux, chez nous ça rentre difficilement les paroles du thème... Pendant ce temps Madame Peirera prépare les bouteilles de cachaça que nous seront heureux de boire tout au long de la parade... Ah oui j'ai oublié de dire pas de Carnaval sans rhum... On ne tiendrait pas le rythme!...On nous offre un tee-shirt où on lit " O cuecao Olinda 85" ça veut dire caleçon avec un dessin qui ne laisse aucun doute sur la question...
Dès que la batteria se met en place devant nous un courant électrique nous ....électrise ben voyons! Les musiciens se joignent à nous, puis un coup de sifflet et le cortège s'ébranle dans les ruelles de Olinda.Tout de suite de nombreuses personnes se joignent à notre groupe il faut dire que ça chauffe déjà terrible.
Et c'est Satan qui conduit le bal, tout le monde y va de sa gouaillante, de ses cris, de ses trémoussements hystériques; la joie est à son comble et la cachaça se vide dans nos gosiers aussi vite que le tempo des batteurs. Il fait une journée torride mais cela n'empêche pas les popotins tout juste décorés de tanga de se déhancher comme il se doit. On traîne la savate pour faire un bruit de frottement sur le macadam ce qui accentue encore le rythme de la samba... Par moment on saute en levant les bras "o cuacao o cuacao" ; Et la même phrase va être répétée pendant 3 heures de suite.... et les tambours vont battre de plus en plus vite et la liesse augmente ça devient un délire collectif ... Faudrait avoir 4 jambes de bois pour ne pas danser la samba même ceux qui ne savent pas comme le cap y parviennent c'est tout dire. Mais entre nous il a deux brésiliennes bien en rondeur qui s'occupent tout particulièrement de lui apprendre... Parfois les tambours stoppent devant une fenêtre et jouent une aubade spéciale pour une beauté cachée ... On en profite pour boire un coup et on repart de plus belle... Par moment on nous demande "ta muito alégria?" Il faut alors absolument répondre "si ta bom", c'est très gai autrement on passerait pour des durs à dégeler !...La route monte à 25% au moins mais nous n'y prenons pas garde tant l'euphorie est à son comble...
Et pour plagier une tirade célèbre :
Nous partimes 50 mais nous nous nous retrouvâmes 5000 en arrivant au port ! Tant il est vrai que la population locale affectionnait cette école de samba. Peirea jubilait de joie... Jamais il n'y eut autant de participants, dit il en nous disant au revoir ce soir-là...
Il pleuvait, et sur les vitres de la voiture qui nous ramenait à Récife et dans mon coeur la nostalgie s'installait déjà la fête, était finie.... En fait pas tout à fait car il restait encore deux jours. Mais seuls dans les rues de Récife ce n'était pas la même chose qu'avec la chaude ambiance de la veille...En chaque place il y a un carnaval individuel qui drainait un monde fou de participants pauvres le plus souvent. Chacun s'était déguisé à sa façon selon ses propres moyens souvent avec des couvertures de journaux... Les instruments de musique quelque fois étaient tout à fait dignes du concours Lépine . une bouteille remplie de cailloux, une boite de coca remplie de gravier. Et même des rouleaux de papier W-C savamment préparés pour en faire une percussion... Bref tout est bon pourvu que ça fasse un son.... Le mardi gras est l'ultime jour pour finir en beauté. Partout on voit des joueurs de batteria avec des poupées sur leurs doigts ensanglantés à force d'avoir trop frappé .. mais aucun d'eux ne s'arrêtera avant la dernière minute...Et puis vient le silence du mercredi juste ponctué de temps à autre par les balayeuses nettoyant les rues... Le carnaval a vécu jusqu'à l'année prochaine et chacun reprend son train-train quotidien en commentant sa fête.....
Pictoris réclame nos soins ....










Les ceusse de Pictoris font le tour du Bresil
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Pictoris mouille a Bresilia Temosa
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