LA ROUTE DE PANAMA

Préparer un bateau en vue d'une très longue navigation (plus d'un mois) demande une organisation très minutieuse Pour le second. Je commence par moi noblesse oblige :o))
Comme je suis chargée de l'intendance de la survie alimentaire du bord je vous laisse cogiter sur la quantité nécessaire à acheter...  et ensuite à caser dans le bateau... Ici vous ne voyez
que le contenu de l'armoire à provision  sèche dite cambuse pour les puristes !
Les eaux en bouteilles sont calées dans.... les cales du fond qui méritent bien leur nom..... Et je ne parle que d'elles avant Norohna j'avais eu la sotte idée d'y caser aussi les boite de conserves... Quelle mauvaise initiative.. Après comme toutes les étiquettes avaient été décollées c'est fou ce que l'on eut de surprises au repas ! Comme quoi rien ne vaut un bon échouage pour apprendre à être intelligents !


Préparer le bateau pour le cap c'est être partout à la fois...
Ben la il a pas l'air mais il cogite sur la meilleure façon de
nous donner plus d'électricité à bort... Vous savez le
problème de la petite roue qui tourne sur l'arbre de transmission.. Problème entrevu à Alicante... Oui je ne vous ai pas dit, mais ça donnait de la joie de tous les soudeurs de l'atlantique cette affaire là..Encore une de ces fichues inventions qui ne marche que sur le papier...
Cette équation s'est toujours mis à genoux allez donc savoir pourquoi ! Pourtant le Cap avait sérieusement étudié le problème ... mais...! Entre la propulsion du bateau et la vitesse de la rotation de l'hélice hydrolique..etc ... etc... Ne m'en demandez pas plus tenez si vous y tenez écrivez lui pour plus amples informations....















Non sérieusement  le bateau demande beaucoup d'effort physique.. On peut dire que le Cap se donnait un mal  fou pour nous assurer le maximum de sécurité
Une fois partis  nous avons le temps de nous souvenir car la mer c'est encore et toujours ce grand disque bleu à perte de vue... L'océan c'est une vague de plus, l'une après l'autre, haute ou basse qui nous chahute d'un bord à l'autre... Mais c'est aussi parfois inquiétant, la nuit surtout, comme une gros poumon qui respire.... Alors vogue l'imagination... Un monstre dessous qui bouge et qui pourrait nous avaler..... La journée ce sont de gentilles nymphes qui tournent autour du voilier avec des milliers de bruits cristallins... mais lorsqu'Eole se mêle un peu trop fort au jeu, tout grince à bord et l'adrénaline est à sa production maximale...
Extrait des petits potins de bord

Nous avançons comme deux cloportes juchés sur le dos d'un dromadaire. De droite et de gauche à pas d'escargot.. Vous dire que j'adore ça, serait nettement mentir ... Mais on se fait à tout...

Nous sommes très au large de la Colombie de mauvaises rumeurs circulent sur l'endroit...
Il parait que certains bateaux pirates accostent les autres pour réquisitionner leur voilier ... Vous savez pourquoi? pour la contrebande de la cocaïne....et savez vous ce que l'on fait des propriétaires indésirables ??? Comme dans les films de flibustiers ...oups par dessus bord. J'en frémi  il doit y avoir des requins dans le coin... Mais comme dit le cap ouvrons l'oeil et pensons à autre chose.. De toute façon nous avons quand même une carabine à bord.... Je ne sais pas tirer et je crois que le chef non plus....Alors le mieux c'est de ne rencontrer personne !
.......C'est toujours pendant mon tour de garde que mes souvenirs chatouillent mes dantrites qui actionnent en fusion bouillonnante  mes neurones. A moins que ce soit le contraire. Et dans ces moments là c'est fou comme les images sont claires... Je me souviens ça fait encore mal... La suite de la chute ... Vous savez le bal de l'échelle ... Une d'un coté et moi de l'autre... en Guadeloupe voilà justement ...et bien j'ai eu quelques sequelles après... De minuscules os ou je ne sais quoi qui se sont brisés dans la cavité d'un sinus. C'est comme ça que j'avais une drôle de gueule de travers pour le carnaval de Fort de France... Vous me direz j'étais grimée pour pas cher... Mais bref ce qui fut moins drôle c'est qu'il a fallu m'opérer...Par moment j'ai comme un mal de dent ... J'y pense et puis j'oublie quand ça passe.. Ce petit détail va prendre un drôle de chemin... non n'anticipons pas comme dirait Eve à qui on parlait de la pilule anticonceptionnelle et pour l'heure pensons.....zzzzzzzzz zut je me suis endormie!

"Cap un bateau derrière nous !"
hurlais je toute tremblante ... Mince je ne l'avais pas vu arriver.... Nous l'avons évité de justesse un énorme cargo poursuivant sa route au milieu de la notre ! Sans un judicieux virement de bord nous étions dans son étrave.... Il parrait que ça arrive aussi .... un mat sur le pont d'un navire marchand ça ne vient pas tout seul !

Au Mouillage de Christobal

Nous y sommes à Christobal juste au milieu d'une cinquantaine de "gros culs" qui se le mouille comme nous. Nous hissons les couleurs.Il faut attendre que la douane monte à bord.. Des fois ils sont pressés, d'autre fois pas .... Et puis il fait chaud ceci excuse cela....
Le lendemain nous parcourons les rues à la recherche du bureau des formalités pour le passage de Panama...
C'est comme partout au monde il y a toujours un papier qui manque...Nous reviendrons demain.. Mais nous savons que nous ne passerons pas avant une quinzaine de jours ils sont "overbookés"...
Il nous faut trouver 3 hommes  et un capitaine... (Le mien ne compte pas) Ils nous précise que nous devons avoir 4 aussières de 15 mètres....  et, un moteur d'une puissance de 5 noeuds pour faire le voyage en un jour.
L'endroit et semi-sauvage  on ressent l'atmosphère des grands constructeurs du canal...
























POUR QUE PASSE NOTRE VOILIER PICTORIS.

L'idée mère du passage par l'isthme date de très longtemps c'est le conquistador Visco  Numez qui le premier relia l'Atlantique au Pacifique.. Il faut dire qu'il fit porter le bateau à dos d'homme !

En 1880 Ferdinand De Lesseps venant de terminer Suez entreprit les premières ébauches... Mais la compagnie française fit faillite ... Non, pas par ce qu'elle avait engagé Gauguin dans leur équipe, mais tout simplement à cause des moustiques qui s'étaient fortement opposés au projet. Ils refilaient la malaria ou le paludisme à tous les pauvres êtres venus honorablement gagner leur vie dans le terrassement...

Il fallut attendre plusieurs années avant que le génial projet fut remis au goût du jour.  Teddy Rosvelt  en fut l'instigateur depuis 1903... Ce qui explique pourquoi encore aujourd'hui (1986) les Américains perçoivent les dividendes de l'exploitation... La petite histoire raconte qu'entre temps un savant avait trouvé la quinine nécessaire contre les maladies tropicales ...
Non le chef de se repose pas il cogite même sans gite
rendez vous à
la cambuse pleine à raz bord
bel éventaire de nourriture
le chef ne se promène  pas il teste le dingy
question arme ou non à bord
scènes de mer cou;:eur de l'ocean profond et dauphins jouant avec notre étrave
Parfois notre monte charge se charge d'oiseaux squateurs
La plaie du canal les moustiques jadis porteurs de paludisme
Le premier passeur de panama Visco Numez ..
premier architecte Ferdinand de Lessep
les premiers ouvriers du canal
Les petites mains du canal qui font de très belles pieces