imaginez....nous sommes partis pour trois semaines
                  si tout va bien avait dit le chef!

Souvenirs du coq pitre à l'âne rie

Imaginez 3 semaines sur l'océan au gré des courants et des vents.... Oui, ça peu de gens à terre s'en font une juste idée ... Pendant XXX heures, minutes, secondes... Je n'ai jamais été doué pour les maths.. perdus à deux sur une coquille de moins qu'une noix, bringuebalés d'un bord à l'autre ralentis ou accélérés par un courant invisible (el nihno en l'occurrence)... Alors que pouvez vous donc faire ? Ça c'est la question à cent francs.... On repasse ses souvenirs comme d'autres leur chemise.

Mon cap commence par se payer 3 jours de mal de mer alors il dort ! Moi je ne sais pas ce que c'est alors je mange.. Tiens à ce propos je pense que c'est une bonne raison d'être bien enveloppée... Depuis le jour où je suis née avec 4 kilos 500, chose que ma mère ne m'a jamais pardonné, j'ai toujours eu un excèdent sujet à toutes les railleries. Bof j'ai fini par en rire pour ne pas trop rager..... Mais tout de même... je me souviens que ma plus grande rage fut à Brésilla Téimosa... Ce jour-là il était question de laisser Pictoris au soin du "yateclube"


-
Et il n'y aura pas de vol?
- Non pas pour to,i tu es tabou Maria, que me répondit Héléno (voir récit de Récife).... Dans ma tête être forte ne justifiait pas d'être comparée à une énorme bahannaise..... (Il faudra attendre jusqu'à Hawaii pour élucider cette phrase)
Oui je vous parle de cuisine... C'est à bord plus qu'une question de survie... C'est un passe-temps formidable.  Vous savez comme dans les avions pour vaincre son appréhension...parfois c'est un challenge aussi... Et en vase clos on a le temps de gamberger dans tous les sens... Genre il y a des kilomètres d'eau sous la quille.... Si j'y pense je m'attrape tout de suite le vertige de l'altitude... et puis le petit truc encore plus pernicieux nous sommes toujours à 4 millimètres de l'eau... ouille ouille ouille si ça se troue....Tu cogites là-dessus et tu deviens insomniaque ! Très pratique pour les quarts de veille....






Mais il y a aussi les réminiscences marrantes......
Le nom de Pictoris a toujours fait couler beaucoup de salive....Surtout de la part des grands français. Mais bien élevée je n'en retiendrais qu'une... Celle d'un gosse de 8 ans qui avait vu l'image non pas en carré blanc mais en Picsou... . vous savez le tonton à Donald.... la vérité sort de la bouche des enfants, Messieurs pourquoi ne pas en prendre de la graine !




I
l y a les souvenirs énigmatiques parmi eux à Radazul : Nous étions en cale sèche à côté de nous un autre voileux british il y avait des bruits de voix bizarres qui venaient du ventre de son bateau. On aurait dit des personnes qui s'invectivaient avec notre voisin Mais phénomène étrange il vivait seul à bord...Nous n'avons jamais su... Nous avons fini par admettre qu'il était ventriloque et il devait s'exercer pour un futur show sur l'imitation d'un canard... Quoique même absent... Bon c'était un magnétophone il n'y a pas de quoi soupçonner la présence d'un fantôme ?????


Il y des souvenirs genre "petits riens mais qui font plaisir"..
Un jour en arrivant sur le quai d'accueil d'une marina super bondée il me prit l'idée folle d'attraper la bitte d'amarrage au lasso ...tentative réussie avec brio et du premier coup. Bien entendu, sous l'oeil ébahi de tous les vieux loups de mer venus nous prêter la main... Je ne vous dis pas le nombre de fois où je voulus récidiver.. oui sans succès faut pas rêver...








la multiplication des cafards comme les pains de Jésus Christ

La multiplication voilà encore un truc pour les matheux!
La seule que je connaisse par coeur c'est celle de mes cafards personnels vivant sur et sous mon toit de pont....Tout à commencé au Port de Toulon... un seul je crois mais malin comme un singe je n' ai pas pu lui faire sa fête.. Il rencontre une femme qui traînait quelque part lui fit le coup de:
Tu as de beaux yeux tu sais... Viens chez moi j'habite chez une copine je te montrerais mon Opinel...Ainsi tous deux s'embarquèrent clandestinement pour des horizons lointains à cause d'entente... Comme de bien entendu ces coquins copulèrent allègrement pour assurer la survie ... Alors les fils des précédents, une fois grands trouvèrent des Espagnoles pour faire une nouvelle race. A leur tour les descendants se marièrent avec ceux et celles de Gibraltar trop contents d'échapper à la mal bouffe anglaise. Cela donna tout un bataillon de costauds émigrants n'ayant que l'embarras du choix pour trouver chaussures à leurs pieds à chacune de nos escales... Ce tout cafardeux cosmopolite peuple ne parlant exclusivement que cafardais s'entendaient comme cul et chemise pour nous empoisonner la vie à bord. Ils ne s'en privaient pas les bougres, de surcroît ils n'avaient même pas le mal de mer. Inutile de dire que nous entretenions une guerre sans merci surtout moi le cap les ignoraient...quant à eux je crois que je les amusais avec tous mes produits qui me refilaient des allergies....
En mer comme au port le cérémonial de leur procession recommençait toutes les fois où nous mettions à table... A croire qu'ils étaient fins gourmets. Ils arrivaient par le plafond, jetaient un oeil dans nos plats et restaient là en tête à tête avec nous..
"Regarde pas nous sommes espionnés".







C'était absolument inutile d'essayer de les trucider, il en revenait d'autres, et puis ils ne se laissaient pas faire du tout...
A un moment ou à un autre il y en avait toujours un plus tenté pour se laisser carrément tomber.... de préférence dans mon assiette... je vous dis pas ma rage....
Qui a écrit qu'ils seront les derniers survivants de la terre ?
A Norohna on nous donna un truc super.... la recette infaillible.... dégoûtante...
Dans une capsule de bière il faut mélanger du lait condensé sucré avec un acide borique boridryque ou du bromure... Bref c'était supposé les rendre stériles il n'y avaient qu'eux qui ne le savaient pas...Plus tard nous trouvâmes des hôtels quatre étoiles avec devanture alléchante... Fallait pas soulever le couvercle pour voir les centaines d'antennes appeler les autres au secours.. afin de s'engluer à leur tour dans ce chausse trappe....
C'est par cette observation minutieusement suivie que j'en appris long sur la "survivance" des espèces emmerdantes, emmerdeuses, emmerderesses emmerdées itou.....






Encore un truc sympa à bord!
Encore un truc sympa à bord.... Un rat ou une..avec lui ou elle c'est la corrida en nocturne à gichet fermé garanti !
Les rencontres bestiales sont fréquentes sur un voilier... Mais que dire lorsque la prénommée embarcation couche sur terre... et nous sous une tente de fortune à deux pas ....C'est ainsi que Coco fit la connaissance intime d'une rate qui voulait goûter un doigt de capitaine ...heureusement le grand l'emporta sur la petite....mais je crois que la perdante tenta la récidive par la suite.
Lorsque le bateau fut redressé l'indésirable quadrupède profita de notre chaîne ( vous savez celle qui nous arrimait à l'ancre bien enterrée dans le sable) pour venir subrepticement s'installer dans nos quartiers....
Je suivais la ratonne à la trace le jour.... et la nuit je la débusquais toujours sur les coussins du carré....Nos regards se croisaient avec une lueur de haine réciproque non dissimulée...Mais quand je voulais lui taper dessus, avec mon rouleau à patisserie,
elle faisait feu des deux fuseaux et disparaissait dans un trou de ... souris....
Dans un "remettez nous ça la patronne" la chasse à courre se répéta plusieurs nuits avec le même scénario....
Elle finit par sauter par dessus bord de peur de mes cris il parait que j'ai une voix irrésistiblement persuasive...















Dans notre cathédrale de voiles blanches les jours se succèdent et les nuits tout pareillement nous vivons en autarcie la plus complète... Entre nous je ne me vois pas descendre chercher du pain en cours de route !
A propos : voici une anecdote authentique..Une fois dans la marine un mec un peu perdu en mer avait fait sa valise et il était sur le point de sauter à la mer lorsque le capitaine l'interpella. L'autre de dire qu'il rentrait chez lui n'inquiéta pas outre mesure le commandant qui lui rétorqua aussitôt qu'il serait très gentil de sa part de venir dire au revoir à tout le monde... La chose fut fait séance tenante.... Il faut ajouter que le malade se retrouva à l'infirmerie avec une bonne dose de valium par dessus le marché....







On lit beaucoup dans le cockpit surtout moi... C'est incroyable ce que je vis à l'air frais et le cap dedans à l'air chaud....et puis dehors on voit tout ce qu'il n'y a pas... En fait ce serait plutôt genre « circulez il n'y a rien à voir" comme disait Coluche... Mais on sait jamais faut ouvrir l'oeil...c'est comme ça qu'un après midi j'ai vu une baleine... Oui la trouille de ma vie juste devant l'étrave le temps d'appeler et le cap de monter l'échelle le cétacé avait disparu !
Par contre des adorables que je détestais croiser en Océan c'étaient les dauphins ... Oui je vais faire hurler ceux qui les adorent....Pessimiste signification toujours un coup de chien pour nous... Vous allez comprendre... les dauphins chassent les poissons, les poissons fuient le mauvais temps qui arrive. ..Eux ils essaient de nous le dire, de nous inviter à les suivre... mais on peut pas ma bonne dame...c'est pas notre route... on est pas assez rapide... alors on reste là et c'est la java...





















Les oiseaux sont rares en mer mais nous embarquons depuis un certain nombre de nuits un noiraud qui nous suit le jour. D'où vient il de quoi se nourrit il ? personne ne le sait, il arrive toujours au crépuscule et nous quitte à l'aube... Avant les Galápagos ce furent des pinsons qui nous prenaient pour le Georges V.

Depuis trois jours un bruit de râpe m'inquiète je pense sans oser le dire que c'est un rat. Il faudra que je cherche dans l'armoire à pharmacie, mais pour l'heure je n'ai pas envie.. on devient paresseux en bateau.... Et le voilier continue sa route... Nous n'arriverons pas pas en 21 jours me dit mon cap préféré..
Je suis impatiente ça commence à être long... "Penses à autre chose"qu'il dit Coco comme toujours.....
Alors défilent encore le 22 et le 23 et les autres jusqu'à 27 "Nous y serons demain!"
Le 28ème jour se lève et effectivement il se passe quelque chose de nouveau... D'abord c'est une odeur de lave froide je sais qu'il a raison le chef ! La terre ne doit pas être loin! Puis ce sont des mouettes de plus en plus nombreuses qui pêchent loin des côtes ...enfin je crois... Et plus tard





comme j'ai des yeux de lynx je vois l'Île dans un tramport de joie. youppy on arrive!
Bon maintenant va falloir trouver l'amer...Je le connais bien celui qui nous permettra de rentrer dans le mouillage d'Atuana... Je lai vu et revu dans une toile de Gauguin... C'est une petite croix
toute blanche sur la colline où se trouve le cimetière....
Une fois repérée il faut qu'elle se trouve dans un angle précis que je relève au binoculaire-compas... Dès que nous sommes en alignement le cap positionne le voilier dans la direction puis il n'y plus qu'à se laisser emmener par le moteur jusque dans l'anse. Nous avons le temps de rabanter gentiment et de choisir l'endroit idéal pour mouiller.... Nous sommes dans le sanctuaire du grand Peintre et la nature environnante nous crie son nom!











Pour la visite dans l'ile suivez le guide