Les textes qui suivrons tout ce long voyage sont extraits de mon livre de bord perso.
La route de Bandol a empuria bravia passait par le golfE du lion
La route de l'Espagne passait par le Golfe du Lion... Oui, c'est-à-dire que nous avons essuyé la première caresse du mistral en mer et dans l'obscurité comme de bien entendu! ... Mais bon nous étions deux marins le Cap et moi... Surtout lui, moi pas trop.... Solides oui, surtout moi pas de mal de mer, tandis que lui.... oui...! Le froid à vous transpercer jusqu'à la moelle qu'il faisait ce jour-là, n'avait pas dissuadé le capitaine de partir en tenue légère. Par esprit d'optimisme il avait décidé que le beau soleil du mois de février à Bandol amènerait les canicules pour notre petite course vers l'Espagne ...Bref le Chef... n'eut pas raison....Et son petit pantalon toile de lin, pardi.... il a bien fallu qu'il l'échangeâta et très vite contre un bon "Eli en scène" grand Nord.
Rien ne retenait Pictoris de filer dans la direction de Empouria Brava ... et nous arrivâmes dans le noir comme il se doit, le jour suivant !
Des Duc d'Albes pour nous attacher nous attendaient...
Vous savez des piquets dans l'eau comme ceux
dessinés dans les tableaux de Venise ...
Pour bien arrimer Pictoris, une descente à
terre des plus rocambolesques s'imposa
tout de suite au second. Cette façon peu
orthodoxe de s'extirper d'un bateau par l'avant..,
me donna tout de suite à penser que j aurais
encore quelque trucs à apprendre sur la manière
de rester femme à bord..... Heureusement à
minuit je n'eus pas trop le loisir d'épater la galerie.!






Au début de notre voyage je n'avais pas idée qu'un jour je
pourrais avoir besoin de photo .... Alors je n'ai que ces deux-là
pour vous montrer cette marina dans ce lieu nommé EMPOURIA BRAVA 1984
Barcelona, la Belle, la Grande, la Navigante Ville d'où partit son grand héros le bien connu Christophe Colomb, nous accueille avec un vent force 25 et une
pluie fine mais glacée. Nous sommes superbement remués dans notre
chekup, et nous n'aspirons plus qu'à une seule chose,
se retrouver au chaud, devant un bon repas et un verre de "Sangdetoro".
Le lendemain le Cap et moi profitons de l'escale pour découvrir la cité du grand navigateur. Il est toujours là enfin sa statue , trônant majestueusement sur la place du port, pointant son doigt en direction de l'ouest pour inciter chaque bateau à y aller aussi.
Déambullant dans ses quartiers nous découvrons Barcelone la
mystérieuse, ses vieilles ruelles étroites humides et noires,
ces estaminets poussiéreux,. ces échopes cosmopolitaines.
Dans un autre Barcelone nous tentons de comprendre son côté moderne, ses facades nouvelle vague et sa cathédrale resemblant à tout sauf à
un édifice religieux. Nous adorons l'ambiance de ses marchés
couverts et de son Ramblas où il se passe toujours quelque chose
entre les fleurs ....










Dans le port des marins, les jours fériés, les bateaux de pêche se retrouvent tellement serrés les uns contre les autres que l'on se demande comment ils vont faire pour reprendre la mer...
Non, ne nous cherchez pas dans la fourmilière. Nous avons eu droit à un traitement de faveur. En vérité, il faut préciser que le vent nous ayant poussé dans un endroit pas prévu pour nous, il fut impossible de nous y déloger ce jour-là tout au moins..
Alors admirez c'est ma première vraie photo de notre Prince Pictoris..
La Cité est petite mais très sympathique c'est une ancienne cité Romaine. Toutes les ruines parlent encore de la grandeur de César.
C'est aussi une ville gastronomique où bien manger a une signification particulière. Je me souviens d'un troquet marinier, où nous avons dégusté un plat de 12 poissons différents... Hum j'en ai encore l'eau à la bouche !

Alicante et les feux de la Saint Jean
Dieu que j'ai eu peur... Une de ces trouilles dont on s'en remet difficilement.... non pas en mer pas encore... mais n'anticipons pas comme aurait pu dire Eve à qui on aurait parlé de la pilule anticonceptionnelle !
Il nous fallut trois jours pour rejoindre le port d'Alicante.
Pictoris n'allant pas très vite sans de bons vents portants nous avons avec lui pris notre temps...
Tout de suite nous fûmes surpris par la différence de température, plus chaude et plus humide aussi. Une fois à terre nous enfilons une allée toute damée de bandes ondulées et colorées roses, jaunes, et vertes. Des dattiers agitent leurs longues palmes comme des bras de verdure caressés doucement par Eole. Cela sent bon les épices, à tel point qu'on eût aimé chanter "nuit câline nuit divine"et les mettre au pluriel tant l'ambiance ressemblait à celle de ces lieux exotiques.
Nous restâmes dans ce semi-paradis plus de 5 semaines; nous préparions le bateau en vue de la suite du voyage. Le capitaine qui avait des idées pour faire plus d'électricité à bord cogitait de nous fabriquer une roue hydomotrice, etc, etc....... Un vrai plan, digne du concours l'Épine qu'il nous avait conçu là... Mais bon ... disons... et la suite nous prouva que tout ne fonctionne jamais comme dans nos rêves.... on finira par comprendre que nous avons perdu notre temps avec Chimére et nous y renoncerons un jour ! Fermons la parenthèse.
Donc comme nous avions passé plus de jours que prévu, et que nous savions qu'une grande fête se préparait, nous restâmes encore un peu pour participer aux feux de la Saint Jean....Quelle aventure!
J'ai mis pas mal de temps à comprendre les festivités que la cité mettait en place partout , surtout aux carrefours importants. Au centre de titanesques statues de papier maché s'érigaient en hauteurs impressionnantes. Toutes avaient un rapport avec une actualité dirons nous brûlante.
Alors la nuit du 21 juin arriva et nous sortimes de notre nid douillet pour nous mêler à la foule en folie. Elle nous drainait vers des endroits précis où très vite le feu avalait les statues de papier une par une, sous des aplaudissements unanimes et qui en plus étaient généreusement accompagnés de olé et de vivas el fogos.
Arrivés devant l'hôtel de ville nous ne réalisâmes pas tout de suite le danger... La place était toute fermée sur elle même des centaines de personnes pour ne pas dire plus s'étaient agglutinées pour voir le maire bouter le feu à une ficelle qui courait jusqu'aux statues de papier. Mais soudain ce fut l'embrasement...Une chaleur torride se dégagea de l'édifice en flamme et les personnes du premier rang poussèrent les autres vers l'arrière . Mais en arrière il y avait les murs et les gens se mirent aussitôt à hurler en se retrouvant écrasés par ceux de devant.
Nous étions , Dieu merci, près d'une brèche dans un mur; lorsque j'ai
commencé à paniquer, j'ai agrippé le cap par son bras et l'ai forcé
manu militari à me suivre vers cette petite sortie déja pleine de fuyards.
Nous avons passé de justesse avant le grand déchaînement populaire.....
On peut imaginer l'agonie de ces gens prisonniers piétinés...
De ces pauvres vieux ou ces petits enfants comprimés par
la population hystérique désireuse de fuir la fournaise..
On a jamais su combien il y eut de morts car on cache ces
choses-là.. Mais ce fut la peur de ma vie ! enfin jusque là...
Et depuis quand vient la Saint Jean moi je ne sors plus
regarder le feu!







suite à Grenade
La statue de Christophe Colon indique l'Ouest
Pot pourri de vues Barcelonnaises
La Nigna
ou la Santa Maria à moins que ce ne soit la Pinta
Pictoris a quai de Taragone
Magnifique Rambla et tres belles plages