Il était un petit navire qui commençait à savoir bien naviguer, extrait du carnet de bord

son capitaine et son matelot avait déjà pas mal bourlingué connus des vents forts et des mers creusées. Des temps plats et des mers d'huile... Surtout des nuits agitées où il fallait veiller en gardant l'oeil ouvert... Mais là en partant des USA notre Pictoris avait tout ce qu'on pouvait rêver afin de faciliter la navigation au maximum. Le dernier G.P.S. assurait un bon point toutes les secondes si on le désirait, le radar fonctionnait la nuit pendant que nous dormions du sommeil du juste. Par un savant jeu électrique le soleil nous fabriquait de l'eau.... le vent contribuait a l'avance manuel et électrique de notre voilier... Le météo fax  inscrivait le temps à heure fixe.... Notre radio du bord distillait de nos nouvelles comme nous les recevions d'autres navigateurs tous les soirs a 6h d'Honolulu..... Les repas nettement élaborés se préparaient avec une facilité américaine grâce à un micro-onde.... Enfin bref tout pour être parfaitement heureux.... MAIS...... ben oui il y a toujours un mais dans le bonheur parfait vous n'avez pas remarqués ??? Le mais est arrivé avec ces cétacés de malheur.... Pauvres bêtes ce n'est pourtant pas faute de cabrioles pour nous avertir de les suivre.... Bon c'était pas notre route et puis on n'allait pas assez vite... Alors comme de bien entendu quelques heures plus tard nous étions en pleine dépression... Tropicale je crois ce qui ne gâtait rien.... nous en avons pris pour trois jours... Tout content d'être dans le soleil nous allions déjà pavoiser lorsque que la seconde partie et arrivée ! secoués mieux que dans une centrifugeuse les membres endoloris par les coups de boutoir de notre habitat le moral était vraiment au plus bas.. Il n'y avait rien à faire ce remue ménage ambulant nous laissait aucun répit... Il était inutile de risquer la question stupide "quand est ce qu'on arrive " au capitaine qui faisait semblant d'étudier le phénomène, sans apparemment trouver la solution miracle....
"Pense à autre chose" qu'il aurait répondu avec son assurance qui me désarmait à tous les coups... Oui, pense à autre chose... savez vous que dans le milieu du Pacifique il a des profondeurs  équivalentes  à la hauteur du Mont Everest...enfin je suis pas sure... quelque chose d'approchant...et que moi j 'ai le vertige dès que je monte les premiers mètres du mat!..... Pense à autre chose..... Oui, aux souvenirs laissés là-bas à San Diego....Voilà déjà la nostalgie qui pointe avec la promesse mentale d'y revenir vivre... Mais pour l'heure une envie idiote de faire sa valise et de descendre en marche... Pour aller ou avec quoi???Et puis très vite un coup de vague comme une claque pour te faire souvenir qu'ici tu fais pas ce que tu veux .. Que tu ne peux pas te permettre les petits caprices de terre. Ici entre ciel et mer il y a une cellule minuscule qui te porte comme un miracle de chaque seconde... Que bon grè malgré  tu finis par aimer le challenge de chaque minute puis que c'est l'appel de la vie qui triomphe... Peur? ... A t on réellement peur... Pour l'instant non je ne connais pas la valeur de ce sentiment mais je sais qu'un jour je devrais réviser cette lacune. La nuit vient c'est là le pire car les bruits sont amplifiés surtout par ce que  l'alarme du radar confond les ondes mouillées des larges lames avec  la présence potentielle d'un bateau.... A force ça devient comme le dicton "les chiens aboient et la caravane passe"
Mais un matin justement où le radar tournait  encore mon instinct m'extirpa dans le cockpit comme si une guépe m'avait piquée.... Il était là ce bon sang de navire à quelques encablures ... J'ai eu la poussée d'adrénaline de ma vie...et par la même occasion, noté avec une certaine pointe de fiérté que j'avais plus de voyance que le radar.!
En branchant notreBLU le capitaine de la marine marchande salua la marine tout court en s'excusant d'être venu un
peu plus près voir si nous avions besoin de rien!
A l'aube du 33 ième jour l'ile de Nuku Iva capitale des Marquises était en vue et les raies manta nous firent fête juste l'ancre mouillée.
A suivre aux Marquises
viens chez moi j'habite chez une copine
y a des vagues qui mouillent
les oiseaux squatent le monte charge sous l'oeil du cap qui étudie
Quand le service météo cétacés apparait range ton foc vite fait
car toute les douleurs du ciel vont te tomber dessus
et bonjour ceux du bateau suivez nous, va avoir du gros temps ...vite vite suivez nous vous n'etes pas sur la bonne route
laisse tomber Oscar t vois bien qu'ils sont tétus ces humains!